Les outils de vibe coding (Cursor, Lovable, Bolt…) permettent de passer d’une intention à un logiciel qui tourne, très vite. Leur promesse est réelle, mais le résultat dépend surtout de votre manière de travailler : qualité du contexte, découpage des tâches, contrôle de la sortie, et capacité à piloter l’itération.
Voici 10 stratégies concrètes pour en tirer le maximum, sans perdre le contrôle du projet.
1) Commencer par un brief opérationnel en markdown
Avant le premier prompt, posez un fichier unique (ou une petite série de fichiers) qui sert de référence stable. L’objectif : éviter que l’agent invente des détails ou parte dans une direction qui vous coûtera cher à corriger.
Contenu minimal recommandé :
- objectif du produit (1 paragraphe)
- cible et cas d’usage
- pages ou écrans attendus
- contraintes (tech, seo, perf, accessibilité)
- définition du “done” (critères de validation)
Exemple de fichiers utiles :
2) Imposer un cadre technique explicite dès le départ
Si vous ne fixez pas la stack, l’outil choisira pour vous (souvent react + tailwind). Ce n’est pas forcément un problème, mais c’est rarement neutre.
À préciser dans le brief :
- framework (Next, Astro, Vite, etc.)
- langage (TypeScript ou JS)
- styling (Tailwind, CSS modules, styled components)
- conventions (eslint/prettier, structure de dossiers)
- règles de qualité (tests, lint, build sans warnings)
Résultat : moins de dérives, moins de refactors inutiles.
3) Découper en tâches atomiques, une seule intention par prompt
Le piège classique : demander trop en une fois (“faites le design + le contenu + le SEO + le formulaire + le tracking”). L’agent va optimiser pour “finir vite”, pas pour “finir bien”.
Bonne pratique :
- 1 prompt = 1 objectif concret
- limiter le scope à un sous-ensemble de fichiers ou une fonctionnalité
- demander un plan puis exécuter par étapes
Exemples de prompts efficaces :
- “créez la page d’accueil avec sections x, y, z, sans toucher aux autres pages”
- “ajoutez uniquement les meta title et les open graph sur les pages existantes”
4) Travailler en mode planification, puis passer en exécution
Faites produire un plan court avant d’écrire du code. Cela vous permet de corriger la direction à faible coût.
Structure simple :
- “proposez un plan en 8 étapes maximum”
- “validez les hypothèses et les dépendances”
- “exécutez l’étape 1 uniquement”
- itérer
Vous réduisez les boucles inutiles et les “refontes involontaires”.
5) Contraindre l’agent avec une liste de “do / don’t”
Les LLMs suivent très bien des règles simples, surtout si elles sont visibles et persistantes (fichier markdown + rappel dans le prompt).
Exemples de règles :
- do : “préserver la structure actuelle des dossiers”
- do : “réutiliser les composants existants”
- don’t : “ne pas ajouter de dépendances sans justification”
- don’t : “ne pas modifier la page x”
Ajoutez ces règles dans un fichier rules.md et référencez-le.
6) Exiger un différentiel (diff) clair : ce qui change, pourquoi, et où ?
Un bon workflow consiste à demander à l’agent de vous rendre :
- la liste des fichiers modifiés
- un résumé des changements
- les impacts (seo, perf, accessibilité)
- les commandes à lancer pour vérifier
Objectif : garder une traçabilité et une capacité de rollback.
Pour un projet existant, cette stratégie évite les “modifs invisibles” qui cassent autre chose.
7) Verrouiller la qualité avec des garde-fous automatisés
Sans tests ni lint, vous allez faire du “prompt debugging” à l’infini. Installez des garde-fous et rendez-les non négociables.
Minimum viable :
- lint + format
- build en CI
- au moins un test de base (smoke test) ou une vérification e2e simple
- règles de performance (bundle size, lighthouse si possible)
Ensuite, déléguez à l’agent la correction des erreurs, pas la définition des règles.
8) Donner des exemples concrets plutôt que des intentions vagues
Les llm excellent quand vous leur donnez des références.
Au lieu de :
- “faites un design moderne”
Préférez :
- “reprenez la structure de sections de tel type de landing page : hero + preuves + offres + faq + contact”
- “3 variantes de hero, puis on choisit”
- “ton : direct, orienté bénéfices, pas de jargon”
Même logique pour le contenu : donnez un exemple de paragraphe, de style de titre, de longueur attendue.
9) Créer une boucle de feedback courte et systématique
Le vibe coding marche quand l’itération est rapide, pas quand elle est “massive”.
Boucle recommandée :
- demander une version minimale
- valider visuellement et fonctionnellement
- lister 5 ajustements maximum
- recommencer
Astuce : imposez un format de retour. Par exemple :
- “problème”
- “impact”
- “changement attendu”
- “critère de validation”
Vous évitez les allers-retours flous, et l’agent comprend précisément ce qui compte.
Conclusion : l’outil ne remplace pas le pilotage
Les outils de vibe coding sont très puissants pour produire vite, itérer et automatiser des tâches répétitives. Mais pour produire “juste”, votre job reste le même : cadrer, découper, contrôler, industrialiser.
Si vous appliquez ces 10 stratégies, vous obtenez un workflow stable : moins de dérives, des résultats reproductibles, et un code que vous pouvez réellement maintenir.
Si vous me donnez votre contexte (type de projet, stack visée, niveau de qualité attendu), je peux vous proposer une version adaptée avec une checklist de fichiers markdown à créer et une séquence de prompts prête à l’emploi.



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